L’intercompréhension en langues romanes…une pratique qui gagne à être connue!

Dans mon dernier post, je vous parlais « d’intercompréhension en langues romanes » sans préciser de quoi il s’agissait…et personne n’a réagi :’( Il semblerait donc que vous soyez tous des lecteur avertis, experts en didactique des langues !

Pour ceux qui n’auraient pas osé demander (la prochaine fois, n’hésitez pas, je me ferai un plaisir de vous répondre…) et qui, de ce fait sont restés dans le flou depuis une semaine, une petite explication s’impose.

« Intercompréhension en langues romane »…une terminologie bien complexe pour un  concept plutôt simple en réalité.

Avant tout, l’intercompréhension en langues romanes concernent, comme son nom l’indique, les langues romanes, autrement dit l’espagnol, l’italien, le portugais, le roumain et le français bien sûr.langues_romanes8
En théorie, il s’agit d’une technique de communication permettant de développer des compétences de compréhension d’une langue autre que sa langue maternelle sans l’avoir jamais apprise ou y avoir été confrontée.
En pratique, cela consiste dans un premier temps à déchiffrer des textes simples dans une autre langue romane que la sienne. Après avoir acquis une certaine aisance avec le code écrit vient le moment de se lancer à l’oral.
Deux locuteurs, un français et un espagnol par exemple, s’adressent l’un à l’autre dans leur langue maternelle respective…et parviennent ainsi à se comprendre.

Impossible me direz vous ? Vous auriez en effet raison d’être sceptique…cette technique reste une méthode pédagogique limitée et difficilement utilisable dans des situations de communication « normale » ou professionnelle. Pour que cela fonctionne, les deux interlocuteurs doivent coopérer et faire des efforts en maîtrisant notamment leur vitesse d’élocution. Cependant, utilisée dans une démarche d’apprentissage, cette technique permet de développer des compétences qui ne résultent pas de la connaissance mais plutôt d’une démarche déductive et inductive, toujours utile lorsque l’on est en phase d’acquisition d’une langue étrangère. Elle tend aussi à permettre aux natifs de ces 5 langues d’éviter de passer par une langue tierce pour échanger.

La première expérience de ce type a eu lieu dans les années 90 entre 4 universitaires issus respectivement de l’université de Rome, Aix en Provence, Salamanque et Lisbonne. L’un d’eux, le français André Valli, expliquera qu’ils ont voulu démontrer, que « lorsqu’on connaît une ou deux de ces langues, il est facile d’acquérir une compétence passive des deux autres ». De nombreux projets sont aujourd’hui en cours autour cette pratique dans différentes universités, en France (un petit bonjour à Stendhal Grenoble !) et à travers le monde.

Chez dp, l’intercompréhension en langues romanes, c’est du quotidien. A Paris, nous sommes en contact régulier avec nos homologues de Madrid et Milan mais nous ne sommes pas tous ici hispano ou italophones (personnellement, je fais tout pour améliorer mon niveau d’espagnol…merci le CLT J). Alors, même si la langue principale de communication reste l’anglais, notre goût pour les langues nous poussent à échanger et à comprendre nos collègues dans leur langue maternelle. Les rencontres entre les employés de dp sont à chaque fois l’occasion d’un échange interculturel où les langues sont au centre des intérêts de chacun.

Finalement, l’intercompréhension en langues romanes est une compétence qui découle de la compétence plurilingue… quoi ? que ? qu’est-ce ? Nous y reviendrons dans un prochain post…en attendant j’attends vos propositions d’explications…

Ps : au sujet d’Expoelearning à Barcelone, dp Espagne nous a informé que le salon a été une réussite et a accueilli plus de 3000 visiteurs. Vous êtes-vous finalement laissé tenter par ce que vous proposait le post de la semaine dernière… ?

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